FRB publie le nouveau Baromètre de la philanthropie.
Malgré les crises successives, la philanthropie confirme son rôle essentiel dans la société. Plus de 8 Belges sur 10 reconnaissent son importance, et 6 sur 10 passent à l’action en faisant un don à des bonnes causes. Les incitants fiscaux demeurent un moteur important de la générosité, en particulier au sein de la population active. Le nouveau Baromètre de la philanthropie de la Fondation Roi Baudouin confirme une tendance : depuis la pandémie du Covid, les dons restent globalement stables dans le temps, tant en nombre qu’en montant. Un constat fort : la générosité des Belges ne faiblit pas.
Publié tous les trois ans par la Fondation Roi Baudouin, le Baromètre de la philanthropie se compose de deux volets complémentaires. D’une part, l’Index de la philanthropie repose sur des données objectives issues notamment de la Banque nationale, du SPF Économie et du SPF Finances. D’autre part, le Climat de la philanthropie se base sur une enquête réalisée par IPSOS fin 2025 auprès de 1.000 Belges. Cette huitième édition du Baromètre, réalisée en collaboration avec le think tank Itinera, dresse une photographie de la générosité des Belges.
Une confiance forte dans la philanthropie
Au-delà des chiffres, le Baromètre rappelle une réalité fondamentale : la philanthropie est un pilier essentiel de notre société. Complémentaire à l’action publique, elle stimule l’innovation sociétale et renforce la cohésion sociale. Elle permet à de nombreuses initiatives de voir le jour dans des domaines clés, tels que la santé, la lutte contre la pauvreté, l’environnement ou la culture. Dans un contexte marqué par des défis sociétaux majeurs, elle apparaît plus pertinente que jamais et est porteuse d’espoir, contribuant à un monde plus solidaire, inclusif et résilient.
D’après l’enquête :
- 81 % des Belges considèrent la philanthropie comme importante pour la société
- 35 % la jugent même essentielle
- 78 % estiment qu’elle contribue à un monde meilleur
- 75 %, considèrent qu’il est aujourd’hui encore plus crucial de soutenir des bonnes causes, au vu des événements actuels dans le monde.
Dans le même temps, 62 % estiment que les pouvoirs publics n’en font pas assez pour les bonnes causes, et 70 % considèrent que les entreprises ont également un rôle à jouer. Ces résultats soulignent l’importance d’une collaboration étroite entre philanthropie, pouvoirs publics et secteur privé, afin de maximiser l’impact au bénéfice de l’ensemble de la société.
Une solidarité qui se maintient, malgré les crises
Après le pic exceptionnel de 2020, lié à la pandémie de Covid et à une fiscalité temporairement plus favorable, la générosité ne s’est pas essoufflée. La solidarité s’est maintenue dans un contexte marqué par des crises successives (guerre en Ukraine, crise énergétique,…).
En 2025, 60 % des Belges déclarent avoir fait un don. De légères différences apparaissent dans le profil des donateurs : les néerlandophones donnent un peu plus que les francophones, les personnes très qualifiées un peu plus que les peu qualifiées et les personnes de plus de 35 ans un peu plus que les tranches d’âge plus jeunes.
La plupart des donateurs ont fait autant de dons que l’année précédente. Lorsque des variations apparaissent, les hausses sont principalement liées à l’actualité (événements et catastrophes survenus en 2025), tandis que les baisses s’expliquent surtout par une détérioration de la situation financière personnelle.
Le montant moyen des dons, corrigé en tenant compte de l’inflation, reste globalement stable dans le temps. En 2025, 65 % des Belges qui ont fait un don ont donné jusqu’à 250 euros. Les dons plus élevés (500 euros et plus) sont en recul, tandis que le segment intermédiaire (250 – 499 euros) connaît une forte croissance.
Les bonnes causes qui restent les plus populaires auprès des donateurs sont la santé et la recherche médicale (64 %), l’action humanitaire et l’aide au développement (53 %), la lutte contre la pauvreté et la justice sociale (46 %).
La fiscalité, un levier toujours déterminant
Les incitants fiscaux qui prévoient une réduction d'impôts sur les dons continuent à jouer un rôle clé : 63 % des Belges les considèrent comme un facteur important dans leur décision de donner – un pourcentage qui reste stable dans le temps. C’est particulièrement le cas pour la population active (18–54 ans) : 69 % y sont favorables.
S’agissant de l’impact de la réforme fiscale sur les dons entrée en vigueur en 2025, la prudence reste de mise. Si les données officielles ne permettent pas encore de tirer des conclusions, l’enquête indique que parmi les donateurs de 2025, près d’un sur cinq (18 %) déclare qu’il donnerait moins suite à la diminution de l’avantage fiscal de 45 % à 30 %. À l’inverse, 73 % d’entre eux affirment que cela n’aurait pas d’impact sur leurs dons. L’impact réel devra être confirmé par des données officielles.
Testaments : plus nombreux, mais moins orientés vers les bonnes causes
Une évolution se dégage : la part des Belges ayant rédigé un testament progresse, passant de 13 % en 2022 à 17 % en 2025. Néanmoins, parmi ces testateurs, la proportion de personnes qui incluent une organisation caritative dans leur testament est en net recul, passant de 23 % en 2022 à 13 % en 2025.
Les résultats du Baromètre confirment que la philanthropie reste un levier clé pour renforcer la solidarité et répondre à des défis sociétaux croissants.
Plus d’infos
• Résultats du Baromètre de la philanthropie











