L’étude de l’ERNOP cartographie les dons dans 23 pays et met en évidence d’importantes lacunes de données
Les dons philanthropiques dans 23 pays européens s’élèvent à au moins 104,5 milliards d’euros par an, selon Philanthropy in Europe, une nouvelle étude du European Research Network on Philanthropy (ERNOP). Basée sur les meilleures données disponibles pour 2022 concernant les contributions des ménages, les legs, les entreprises, les fondations et les loteries caritatives, l’étude offre à ce jour la vue comparative la plus complète de la philanthropie en Europe, incluant 20 rapports nationaux détaillés.
L’étude précédente Giving in Europe (2017) estimait les dons philanthropiques à 87,5 milliards d’euros en 2013. Bien que les différences de données et de méthodologie rendent une comparaison directe difficile, les nouveaux chiffres soulignent à la fois l’ampleur de la philanthropie en Europe et l’importance d’investissements continus dans les infrastructures de données.
L’étude paraît à un moment crucial. En Europe et au-delà, l’instabilité géopolitique, les conflits armés, les pressions économiques et l’évolution des priorités politiques créent de nouveaux défis pour la société civile. Alors que les gouvernements réévaluent leurs engagements et que le financement public des causes sociales et humanitaires est sous pression, le rôle des initiatives privées — portées par des individus, des entreprises et des fondations — devient de plus en plus essentiel. Dans ce contexte, l’ampleur et l’importance de la philanthropie, telles que démontrées dans cette étude, apparaissent particulièrement marquantes et actuelles.
Bien que les tensions géopolitiques et les conflits dominent l’actualité, la philanthropie reste une expression importante de ce qui compte pour les Européens et de la manière dont ils souhaitent contribuer à la société.
Consultez ici le résumé exécutif :
https://ernop.eu/wp-content/uploads/2026/02/Factsheet-Philanthropy-in-Europe-2026-web.pdf
Vous pouvez demander l’étude complète ici :
https://ernop.eu/philanthropy-in-europe-4/
Principaux résultats
L’étude, dirigée par Barry Hoolwerf et Johan Vamstad et basée sur l’expertise de près de 50 chercheurs, montre que :
- Les dons des ménages constituent la source la plus importante et la mieux documentée, avec un total de 52 milliards d’euros en Europe
- Les dons des entreprises atteignent 21,5 milliards d’euros, bien que le montant réel soit probablement nettement plus élevé
- Les fondations contribuent à hauteur de 20,6 milliards d’euros, avec l’Allemagne et la Suisse comme pays aux écosystèmes de fondations les plus développés
- Les legs représentent 8,4 milliards d’euros, mais restent fortement sous-estimés dans de nombreux pays
- Les loteries caritatives génèrent 1,9 milliard d’euros, principalement concentrés dans des pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suède
L’étude analyse également comment les ressources philanthropiques sont utilisées dans divers domaines tels que la santé, les services sociaux, l’éducation, la culture, l’environnement, l’aide internationale et les initiatives locales.
Une étude sur le don… et sur la connaissance
Au-delà des chiffres clés, le rapport propose une analyse systématique de la qualité des données en Europe. Les 104,5 milliards d’euros estimés constituent un seuil minimal : en raison de lacunes et d’incohérences dans les données, une part importante des dons reste invisible.
L’étude montre que les différences entre pays tiennent souvent autant aux infrastructures de données qu’aux niveaux de générosité.
« En nous appuyant sur notre étude Giving in Europe de 2017, cette publication dresse à nouveau un état des lieux de la philanthropie en Europe. Il en ressort une image de grande diversité et de résilience dans les formes que prend la philanthropie selon les pays. Dans le même temps, notre compréhension reste inégale — et, dans certains cas, semble même se détériorer. Les lacunes dans nos données ne sont pas un détail, mais une conclusion centrale. Renforcer l’infrastructure européenne des données sur la philanthropie n’est pas seulement un objectif technique — c’est une condition essentielle pour un débat sociétal éclairé, des politiques efficaces et le développement durable du secteur. »
— Barry Hoolwerf, directeur de l’ERNOP et coéditeur de Philanthropy in Europe











