Une nouvelle étude menée en Australie a cherché à comprendre dans quelle mesure l’empathie et l’efficacité influencent chacune la volonté des personnes de faire un don pour aider les autres. À la University of Queensland Business School à Brisbane, les chercheurs ont réalisé une méta-analyse rassemblant des données issues de 186 études, représentant au total 74 797 participants. En résumé, la question posée était la suivante : les gens donnent-ils plutôt avec leur cœur (empathie) ou avec leur tête (efficacité) ?
L’empathie est la capacité à comprendre les pensées et les émotions des autres.
L’efficacité correspond à la mesure dans laquelle un don est censé avoir un réel impact.
Certains (comme les partisans de l’altruisme efficace) estiment que les décisions de don devraient être guidées par des informations sur l’efficacité. Mais est-ce réellement le cas ? L’étude tente de répondre à cette question : dans quelle mesure l’empathie et l’efficacité sont-elles liées au comportement de don ?
Les résultats révèlent un schéma intéressant. Si l’on considère les résultats globaux de la méta-analyse, l’efficacité semble légèrement plus importante que l’empathie. La corrélation entre l’efficacité et le don (r = .34) est un peu plus forte que celle entre l’empathie et le don (r = .25).
Mais en approfondissant les analyses, les chercheurs ont identifié une nuance essentielle. Le lien entre l’empathie et le don persiste, que l’empathie soit simplement mesurée ou activement influencée.
Pour l’efficacité, c’est différent : un lien apparaît uniquement lorsqu’elle est mesurée. Lorsqu’elle est manipulée expérimentalement, l’effet n’est pas significatif.
Cela met en évidence deux éléments clés :
- L’empathie joue un rôle causal dans le don : influencer l’empathie influence aussi le comportement de don.
- Les personnes affirment être des altruistes efficaces, mais il existe peu de preuves que leur comportement de don soit réellement guidé par des informations sur l’efficacité (une forme de « paradoxe de l’efficacité »).
Dans l’article, les chercheurs explorent différentes explications possibles de ce paradoxe. Ils examinent également d’autres facteurs susceptibles d’influencer le comportement de don.
Cet article a été dirigé par Matthew Hornsey, en collaboration avec Cassandra Chapman et Jessica Spence.
Vous pouvez consulter l’article complet gratuitement en ligne :
Meta-analyses on charitable giving clarify evidence for empathic and effective altruism – https://www.nature.com/articles/s41467-026-70230-8












